Articles - The Voice of Garanganze:  The Writings of Patrick Kalenga Munongo

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La Part des Leaders Africans...
September 6, 2005

Depuis les années 60, période où les pays africains ont gagné leur indépendance, les observateurs de la scène politique africaine, et les divers experts n’ont cessé de nous rappeler que le continent noir est au fond du gouffre….que la situation est irrémédiable. Tant de livres ont été écrit à ce sujet. L’un des plus notoires est bien sûr « L’Afrique noire est mal partie », de René Dumont 1962, et plus récemment, « Négrologie : pourquoi l’Afrique meurt », de Stephen Smith publié en 2004. Pratiquement tous les indices de développement publiés par les organismes des Nations Unies placent les pays d’Afrique subsaharienne au bout du peloton. Peut-on croire que l’Afrique noire, peu d’années après la colonisation, ait pu se développer et entrer en compétition avec les pays occidentaux, qui avaient tant d’années d’avance dans cette course inique ? La réponse est mitigée car beaucoup de facteurs sont à considérer.

 Personne ne peut nier que depuis l’indépendance des pays africains, les leaders noirs ont réussi à détruire le peu de ce que les colonisateurs avaient bâti. Oui, je dis « le peu », car le continent africain, en général, n’était qu’un bassin de gisements énergétiques et de ressources naturelles, qui ont servi à la construction de l’Europe et continue à contribuer à l’enrichissement de certains occidentaux et autres exploiteurs, tels les libanais, grecs, et tant d’autres. Il n’y a qu’à voir la différence infrastructurelle qui existe entre l’Afrique du Sud et le reste du continent. Là-bas, les européens comptaient rester (plusieurs sont restés), et c’est en fonction de cela qu’ils ont bâti le pays, initialement ségrégué selon les distinctions raciales, mais aujourd’hui en voie d’intégration. Je ne fais ici aucune apologie de la suprématie raciale des blancs, je ne fais qu’exposer leur position supérieure en tant que colonisateurs ou groupe dominant habilité à avoir la liberté d’exploiter les ressources africaines, s’enrichir, s'éclore intellectuellement, développer les connaissances scientifiques et empiriques, et bâtir des infrastructures durables- Point !

Bien sûr quelques colonisateurs et européens firent  et font quelques investissements en Afrique, mais la majorité transfère leur richesse fraîchement acquise  dans leurs pays d’origine, laissant l’Afrique tel qu’ils l’avaient trouvé, et dans le cas des mines par exemple, dans un état écologique plus altéré au grand dam des africains. Il faut admettre que ceux qui ont réinvesti en Afrique ont, à un moment ou un autre, subi des

 

déboires telle que la nationalisation ou la Zaïrianisation de 1974 dans l’ex Zaïre; erreur qui d’après l’avis des économistes est la cause principale du déclin économique congolais, exacerbée par la fuite des investisseurs. En quarante ans, malheureusement, la situation est allée de mal en pis. Dans certains pays, les conditions de vie ont régressé jusqu’à faire

regretter certains les années coloniales. Sans distinction raciale, d’aucuns murmurent que les années coloniales offraient une vie meilleure. Cette avancée controversée reste déconcertante car elle insinue l’incapacité des leaders africains de « prendre les choses en main ». Elle interpelle, et entre dans un circulaire vicieux ou encore devient une prévision autoproductrice qui prône l’infériorité des noirs et leur inhabilité de s’extirper du gouffre, même quand on leur laisse le champ libre de se gérer. Mais qui peut-on blâmer pour une pareille invective ? Mis à part tous les maux qu’ont engendrés le néocolonialisme, la mondialisation, et les effets néfastes des ajustements structurels, tant prônés par le Fonds Monétaire International (FMI), les leaders africains ont une part de culpabilité dans l’état actuel où se trouve l’Afrique. Tant de causes leur sont imputables car ce sont eux qui devraient être les meneurs des troupes, les législateurs et les garants de la population en général. Ce sont eux qui négocient les contrats, par exemple, ne rendant des comptes à personne. Malheureusement, les leaders africains restent incorrigibles et tous, comme par contagion générale ou par une osmose inexplicable, présentent des symptômes similaires, qui laissent à désirer. Par leur inaction et manque de vision, ils ont mené leurs pays respectifs et le continent à la faillite presque totale. Les guerres fratricides, guerres civiles, corruption, crimes des cols blancs, mauvaise gestion, et impunité, ne font que contribuer à cette marche en arrière.

Les africains ne peuvent  ni se défaire du racisme pathologique dont souffrent certains, ni des préjudices insensés que portent d’autres à leur égard. Cela ne devrait pas être leur dessein. Mais ils peuvent prouver qu’ils sont capables de prendre les choses en main, et de se gérer. De nos jours, et depuis déjà belle lurette, l’action prime sur les paroles, surtout quand celles-ci sont vides. L’action, couplée par une volonté politique ferme, peut enfin engendrer le respect des africains dans l’opinion publique, et briser toute stigmatisation imméritée, du moins on l’éspère…



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